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L’arme géopolitique et économique du pétrole

Les Etats-Unis ont décidé de mettre fin, à partir du 2 mai, aux dérogations qui permettaient à plusieurs pays d’acheter du pétrole iranien malgré l’embargo. De facto, cette arme géopolitique et économique va être utilisée pleinement par les Américains pour sanctionner le risque sur le nucléaire militaire. Cette décision a propulsé les cours du brut au plus haut depuis novembre dernier (au-dessus de $70 le baril pour le brent de la mer du nord). Comment va réagir « l’ancienne Perse » qui se voit privée de sa principale source de revenus ? Quelle va être la réaction des principaux acheteurs que sont l’Inde, le Japon et surtout la Chine ? Cette dernière est en pleine discussion pour trouver un accord gagnant-gagnant avec le pays de « l’Oncle Sam ». Est-ce un moyen de pression supplémentaire contre « l’Empire du Milieu » ? Au-delà des négociations en cours, n’oublions pas que, dans le passé comme en 2011, l’Iran pourrait bloquer le détroit d’Ormuz dans un geste désespéré pour arrêter plus du quart de l’approvisionnement mondial. L’affaire est donc à suivre en espérant une issue pacifique à cette crise rampante.

Du coté macroéconomique, l’espoir d’un redémarrage en Europe et plus précisément en Allemagne, envisagé depuis plusieurs semaines, s’est vu contredit par un indice du climat d’affaires IFO en baisse en avril et en-dessous des attentes (à 99.2 contre 99.6 précédemment et 99.9 attendu). Les composantes « Attentes » et « Evaluation actuelle sont également en baisse. L’indice de confiance des consommateurs est resté faible ce mois-ci à -7,9 contre -7,2 attendu. Cette situation de croissance fragilisée par l’industrie en récession se prolonge trop longtemps aux yeux des investisseurs. Par ricochet, les taux longs ont repris une tendance baissière avec un taux à 10 ans de nouveau négatif pour la dette germanique. En France, les données publiées sur avril confirment cette situation faible. Ainsi, la confiance dans l’industrie manufacturière est ressortie en baisse à 101 contre 102. C’est le même constat avec l’indicateur des perspectives de production en baisse à -2 contre -1 en mars.

Outre Atlantique, les indicateurs donnent toujours des signaux contradictoires. Du côté positif, les commandes de biens durables en mars affichent un solide rebond de 2,7% contre +0,8% espéré. Il faut souligner que c’est le chiffre le plus élevé depuis août 2018. C’est un paramètre important pour évaluer le potentiel de croissance de l’économie américaine. En revanche, en ce qui concerne l’immobilier en mars, les mises en chantiers, les permis de construire et les ventes de logements existants sont tous ressortis en baisse et plus faibles qu’attendus.
La saison des résultats a commencé aux Etats-Unis et en en Europe. Pour l’instant, les accidents sont en minorité mais violents pour les titres des sociétés concernées. Même s’il est trop tout pour établir un bilan, une synthèse provisoire donnerait des chiffres d’affaires et des résultats supérieurs aux attentes. Potentiellement, la dynamique de croissance des bénéfices pourrait redevenir positive, alors que celle-ci était prévue en baisse sur un an glissant. C’est un élément très important pour la poursuite du rallye boursier.