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Après l’ère « Heisei », le Japon entre dans l’ère « Reiwa »

Naruhito est devenu le 126ème empereur du Japon ce mercredi 1er mai. Il succède à son père Akihito qui vient d’abdiquer. «L’empire du soleil levant» rentre ainsi dans l’ère « Reiwa » dite « ère de la belle harmonie ». Quel impact cette succession peut-elle avoir sur l’économie de l’archipel ? Celui-ci devrait être faible en réalité. En effet, depuis la constitution de 1946, instaurée après la capitulation de 1945, les pouvoirs du nouveau souverain se limitent à celui d’un chef d’Etat, seulement garant de l’unité du pays. Auparavant, du temps de Hirohito (le grand-père), l’empereur avait un rôle actif et a participé politiquement à l’hégémonie belliqueuse des Japonais en Asie-Pacifique depuis son accession en 1926. Celle-ci a été stoppée par le bombardement d’Hiroshima le 6 août 1945. Par la suite, le règne suivant dit « Heisei » ou « accomplissement de la paix », commencée en janvier 1989 avec l’intronisation d’Akihito, coïncide avec celui du déclin économique où le pays perd sa 2ème place mondiale, détrônée par la Chine en 2010. Ainsi, l’indice Nikkei a atteint un plus haut historique fin 1989 et l’Asie-Pacifique représentait alors 43,8% de la capitalisation boursière mondiale, loin devant l’Amérique du Nord à 32,5%. L’apogée s’est arrêtée avec l’éclatement d’une bulle immobilière, entraînant une déflation sur plusieurs décennies. De plus, la population diminue depuis dix ans, du fait d’un vieillissement liée à une faible natalité et une immigration marginale. Les challenges sont donc nombreux pour le premier épargnant et créancier de la planète, alors que la date publique s’élève à 239% du PIB et l’excédent commercial s’est nettement détérioré en 2018. Cette nation n’échappe pas à la récession manufacturière mondiale. La production industrielle baisse de 0,9% en mars, soit une contraction de 4,6% sur un an. Toutefois le chômage est structurellement bas à 2,43% en mars. C’est une des meilleures performances au sein d’un pays développé.

Aux Etats-Unis, la croissance est ressortie à 3,2% annualisée au 1er trimestre. Les investisseurs ont pointé du doigt un effet stock et amélioration du commerce extérieur de plus de 1%. La consommation des ménages a été faible à 1,3%. Celle-ci a toutefois le potentiel d’accélération pour le reste de l’année, vu la bonne orientation des salaires. Cette analyse est renforcée par des créations d’emplois très robustes à 275 000 en avril contre 180 000 attendues et révisées à la hausse en mars à 151 000 contre 129 000. Une fois encore, le marché a retenu la déception en avril du PMI manufacturier et de l’ISM nouvelles commandes, respectivement à 52,8 et 51,7. L’évènement de la semaine a été la réunion du FOMC de la FED. Le statu quo actuel et la patience réitérée de son président, Jérome Powel, nous semble logique mais a déçu certains opérateurs utopistes qui s’attendaient à une possible baisse des taux d’ici la fin de l’année.

Dans la zone euro, notons en avril une amélioration des PMI manufacturiers en Espagne, en Italie et en France repectivement à 51,8, 49,1 et 50. Le mauvais élève a été l’Allemagne avec un médiocre 44,4 et en baisse sur le mois dernier à 44,5. Il semble que la 1ère puissance économique de la région soit le plus durablement touchée par le ralentissement du commerce mondial.