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Accord ou pas accord ?

C’est la question qui monopolisait les esprits des investisseurs cette semaine après l’annonce du président Trump de taxer, dès ce vendredi 10 mai, 200 milliards de dollars d’importations chinoises à 25% contre 10%. Ce tweet a fait plonger les marchés, entraînant une aversion au risque caractérisée par une forte baisse des taux longs souverains. Ainsi, les taux à 10 ans allemands sont redevenus négatifs (-0,048%) et le fameux spread 3 mois – 10 ans américain est repassé, provisoirement en séance, en-dessous de 0%, affichant désormais un niveau fort modeste +0,02%. Il est clair que les opérateurs sont lassés par cette guerre commerciale, déclenchée par les Etats-Unis il y a plus d’un an. Ils ont hâte de connaître l’épilogue de cette crise car ce conflit tarifaire a entraîné inexorablement une récession manufacturière eu Europe et en Chine. Pragmatique, Pékin a maintenu l’envoi d’une délégation à Washington dans le but d’obtenir un accord. A cette heure, les négociations se prolongent malgré la hausse effective des droits de douane et la possible riposte de « l’Empire du milieu ». Mais rien n’est perdu car le délai de transit des biens rend l’application de la mesure possible après une période estimée à trois semaines. Cela laisse encore un répit pour trouver une solution satisfaisante pour les Etats et les marchés. Mais de grâce, ne tardons pas car l’impatience en bourse est souvent synonyme de désespoir et de piètres performances !

Dans ce contexte de tension, les statistiques économiques ont été reléguées au second plan. Notons toutefois que le déficit commercial américain est ressorti en légère hausse en mars à 50 milliards de dollars. Plus intéressant, celui avec la Chine est en nette baisse depuis le début de l’année à 28 milliards de dollars pour les biens et services. Cette amélioration semble due aux ventes de soja en progression de 39%. Le chiffre du chômage d’avril outre Atlantique constitue le point d’orgue hebdomadaire. Celui-ci a en effet atteint un plus bas depuis 50 ans à 3,6% ! Même si on peut relever une baisse du taux de la participation de la main d’œuvre (à 62,8% contre 63%), cette belle performance et cette situation de plein-emploi peuvent s’avérer être une arme électorale redoutable dans une future campagne présidentielle. De plus, le salaire horaire moyen continue de progresser à un rythme agréable (+3,2% sur un an glissant). Cela est de bon augure pour la consommation.

Dans la zone euro, le point marquant a été la publication des PMI des services du mois d’avril. Celui-ci a été en hausse à 52,8 contre 52,5 en mars grâce à celui de l’Allemagne (55,7 contre 55,6) et à la stabilité de la France (50,5). La déception provient de ceux des pays du Sud et notamment de l’Italie (à 50,4 contre 53,1) et de l’Espagne (53,1 contre 56,8). Autre statistique importante, l’inflation pour l’ensemble des pays est ressortie en avril en hausse sur un an, respectivement à 1,7% et 1,2% pour les indices nominaux et de base. Malgré ce léger rebond, on est loin de l’objectif à moyen terme de 2% de la banque centrale. Cela laisse à la BCE l’entière flexibilité sur sa politique monétaire en fonction de l’activité économique.