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Pas d’accord commercial et des droits de douane augmentés

Les États-Unis ont décidé d’appliquer un nouveau barème de 25% de taxes sur plus de 200 milliards de dollars de produits chinois importés. Pékin a rétorqué en augmentant les tarifs sur 60 milliards de dollars de biens américains. C’est donc bien un constat d’échec qui domine sur toutes les tentatives de négociations menées depuis un an pour trouver un nouvel accord commercial. Les marchés ont nettement sanctionné cette impasse par une vague d’aversion au risque prononcée. Les investisseurs ont ainsi vendu, dans un premier temps, les actifs risqués mais ont surtout acheté massivement des obligations souveraines. C’est bien cette dernière frénésie d’acquisitions d’actifs financiers dits « de refuge » qui nous semble la plus inquiétante. En effet, pour justifier une rémunération négative de 0,10% pendant 10 ans sur une dette de l’état allemand (soit le niveau le plus bas depuis l’été 2016 à la suite du référendum sur le Brexit), un créancier anticipe un rendement négatif sur toutes les autres classes d’actifs pour une période longue avec peu d’inflation, voir de la déflation. Outre Atlantique, le fameux écart de taux entre le 10 ans et le 3 mois est repassé en-dessous de zéro pour la deuxième fois depuis fin avril. C’est un autre signal d’anticipation à la baisse sur l’activité économique. Pourtant, un accord à terme est toujours possible. La question sera avec des droits de douane ou non pour satisfaire les ambitions électorales de Donald Trump et l’impact sur la croissance mondiale. Pourtant les actions ont rebondi à la suite de la rumeur d’un report de 6 mois par Washington de la hausse des droits de douane sur l’automobile, initialement prévue ce week-end. Il est intéressant que les obligations aient moins réagi à cette annonce non officialisée. Le feuilleton se prolonge de nouveau et constitue toujours un handicap pour les marchés et les anticipations d’amélioration au second semestre.

Une fois, encore les statistiques économiques ont été reléguées au second plan. Pourtant, celles-ci sont intéressantes et contradictoires. Du côté positif, il faut saluer le PIB allemand ayant rebondi de 0,4% au 1er trimestre contre 0% et -0,1% pour les deux périodes précédentes. Toujours outre Rhin, les exportations et les importations se sont également accrues en mars, respectivement de 1,5% et 0,4% contre une baisse en février. Pour autant, la production industrielle a été décevante en mars dans d’autres pays européens. Ainsi, celle-ci se contracte de 0,9% en France et en Italie, plombant celle de la zone euro de 0,3%.

Outre Atlantique, l’inflation nominale est restée contenue en avril à 2% en glissement annuel et à 2,1% hors alimentation et énergie. Du côté négatif, le même mois, les ventes de détail ont baissé de 0,2% et la production manufacturière de 0,5%, entraînant une nette baisse du taux d’utilisation des capacités à 77,9% contre 78,7% en mars. Un peu d’optimisme est revenu chez les économistes avec la forte reprise des mises en chantier de 5,7% et les perspectives d’affaires de la FED de Philadelphie à 16,6 en mai, soit le meilleur chiffre depuis janvier dernier. Cette éclaircie contraste avec la morosité ambiante car les opérateurs ont tendance dernièrement à ne retenir que les mauvaises nouvelles.