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Après les droits de douane, la bataille technologique

Nouveau coup de semonce ! Les États-Unis ont décidé d’interdire aux réseaux de télécommunication américains d’utiliser des équipements fournis par certaines entreprises étrangères. Le leader chinois des télécommunications Huawei, en avance dans la 5G, serait tout particulièrement visé par le gouvernement américain qui affirme que la société se livre à des activités d’espionnage pour le compte du parti communiste chinois. Au-delà des raisons géopolitiques et économiques, cette décision constitue un nouvel élément de stress pour les marchés. En effet, la guerre commerciale a franchi une nouvelle étape pour atteindre un nouvel enjeu : celui de la domination technologique. Même si le président américain a fait provisoirement marche arrière, en décidant d’accorder un sursis de trois mois pour l’application de ce décret, c’est bien toute la chaine d’approvisionnement qui pourrait être affectée dans de nombreux biens de consommation. C’est un jeu malsain, avec potentiellement des conséquences néfastes sur l’économie mondiale. Il ne faut pas oublier que la Chine, potentiellement très affectée, peut rétorquer avec une arme de dissuasion massive. Elle détient plus de 90% des terres rares dans le monde. Ces minerais sont utilisés dans les composants pour les technologies de pointe y compris les smartphones. Pour le moment, « l’Empire du Milieu » calme le jeu dans ses communiqués et souhaite toujours trouver un nouvel accord commercial. Il est prévu officiellement une rencontre entre les deux leaders politiques lors du prochain G20 à Osaka le 28 et 29 juin.

Dans ce contexte agité et après une récente accalmie, les investisseurs sont revenus sur les obligations souveraines en cédant des actions et certaines matières premières. Ainsi, le pétrole a retouché ses niveaux de mars dernier soit respectivement 57,91$ et 67,76$ le baril pour le brent de la mer du Nord et le WTI américain. Les statistiques économiques ont confirmé la faiblesse de l’activé du moment. En Europe, celle-ci se maintient à un niveau bas. Ainsi en mai, le PMI composite de la zone euro se situe à 51,6 en légère hausse contre 51,5 en avril. Celui de l’Allemagne, actuel maillon faible du vieux continent, est meilleur que prévu, à 52,4 contre 52,2. Toutefois le PMI manufacturier de ce pays montre toujours une décroissance de l’activité à 44,3 contre 44,4 le mois précédent. La BCE a fait part de ses doutes quant à la reprise de la croissance au second semestre dans un contexte de tensions commerciales prolongées. Dans cet environnement, cette institution s’interroge sur son futur programme de TLTRO-3 dans cet environnement.

Outre Atlantique, les données publiées ont été, dans l’ensemble, bien plus mauvaises que prévues à l’exception de l’indice du sentiment des consommateurs de l’Université de Michigan en mai à 102,4, soit le niveau le plus haut depuis 2000. En dehors de cet indicateur, reflétant le moral des ménages américains, l’activité semble donner quelques signes de ralentissement. Ainsi en avril, les ventes de logements existants et neufs ont baissé respectivement de 0,4% et 6,9%. Les fameux PMI manufacturier, des services et composites ont été décevants en mai à 50,6, 50,9 et 50,9. Les Etats-Unis subiraient-ils eux aussi les conséquences néfastes de la guerre commerciale ?