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Récession ou pas récession ?

C’est la question que se posent tous les investisseurs en ce moment. Ils se la posaient déjà il y a un an mais pour l’instant la « récession » qui fait peur à tout le monde n’a pas encore pointé le bout de son nez. Cependant, la guerre commerciale sino-américaine reste au centre des préoccupations avec de nouvelles salves de taxes sur leurs importations respectives qui pourraient impacter la croissance bénéficiaire des entreprises américaines. Tant et si bien qu’il ne s’agit désormais plus de savoir si la Réserve Fédérale américaine baissera ses taux, mais plutôt quand. Alors que les hausses de taux étaient encore évoquées il y a à peine six mois, les investisseurs tablent désormais sur plusieurs baisses de taux (deux à trois) d’ici la fin de l’année 2019. Jérôme Powell a conforté cette probabilité mardi en annonçant que la banque centrale agirait de manière « appropriée » en fonction des risques inhérents aux tensions commerciales. Les gouverneurs devraient aboutir à un statu quo lors de la prochaine réunion de politique monétaire qui se tiendra les 18 et 19 juin prochains.

La Banque Centrale Européenne a quant à elle indiqué qu’elle maintiendrait ses taux à un niveau très bas au moins jusqu’à la mi-2020, soit six mois de plus que prévu. Cela laissera un peu de temps au successeur de Mario Draghi, dont le mandat s’achève fin octobre, pour s’acclimater à ses nouvelles fonctions. En Europe, les anticipations d’inflation à cinq ans sont tombées à leur plus bas niveau depuis 2016, à 1.24%, soit bien en-dessous de la cible de 2%.

Après sa visite au Japon la semaine passée, Donald Trump a rencontré la reine d’Angleterre en début de semaine, avant de se rendre en Normandie pour les commémorations du 75ème anniversaire du débarquement allié. Theresa May était également présente aux côtés des présidents français et américain, pour sa dernière grande sortie officielle à la veille de sa démission effective ce vendredi. Dans l’actualité du reste du monde, on notera également l’annulation des élections en Algérie pour cause de manque de candidats, ou encore la répression sanglante au Soudan contre des camps de protestation civile par des groupes paramilitaires.

Du côté des entreprises, le projet de fusion entre Fiat-Chrysler et Renault tombe à l’eau. Le groupe italo-américain a retiré son offre car il estime que les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet. Les probables réticences de l’Etat français, au capital de la marque au losange, et l’abstention de Nissan quant au projet de fusion ont refroidit Michael Manley. Le patron emblématique de Fiat en avait quand même profité pour vendre 250.000 titres (pour environ 3.5 millions € afin de couvrir des dépenses personnelles) au lendemain de l’annonce de son projet de fusion qui avait fait bondir le titre. De là à y voir un quelconque lien de cause à effet, il n’y a qu’un pas…