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Il y a 50 ans Georges Pompidou était élu président de la République le 15 juin 1969

Souvenez-vous, la croissance réelle française était cette année-là à 7,1% et l’inflation à 5,9%. Le 8 août, le franc avait été dévalué de 11,1%. C’est une époque qui semble révolue et à l’opposé des préoccupations actuelles des grands argentiers et notamment ceux de la FED. En effet, le président de la banque centrale américaine est attendu au tournant par les marchés ce mercredi 19 juin. Ce sera certainement sa plus importante conférence de presse après celle ratée du 19 décembre dernier, où la Fed avait monté ses taux directeurs à 2,5%. Cette fois-ci l’exercice est encore délicat. Après une série de statistiques économiques décevantes, le marché obligataire anticipe désormais 75 points de base de baisse des taux d’ici 2020. La première est envisagée au plus tard d’ici juillet 2019. Jerome Powell devra donc utiliser tous ses talents d’équilibriste pour satisfaire cette soif d’assouplissement monétaire, tout en rassurant sur l’état de l’activité. Il s’agit de convaincre que ses décisions à venir visent à prolonger le cycle de croissance en prévention d’une phase molle de l’économie (comme en 1995 et 1998). Dans ces deux cas, l’indice Standard & Poors avait progressé de plus de 20% sur les 12 mois suivants la première baisse de taux. Ce que ne veulent pas revivre les investisseurs, c’est un nouveau cycle accommodant, liée à une récession, comme en 2001 et 2007. La bourse américaine avait sur les 18 mois suivants chuté respectivement de 24% et de 51% !

En attendant le marché obligataire continue d’attirer les capitaux avec des sommes considérables. Ainsi fin mai et depuis le début de l’année, les flux mondiaux sont positifs de plus 158 milliards de dollars pour cette classe d’actifs au détriment des actions. Cette aversion au risque se matérialise logiquement par des taux souverains au plus bas historique en Allemagne et en France à -0,25% et +0,10%. Le plancher atteint en juillet 2016 à la suite du referendum anglais sur le Brexit a été franchi ! Cette quête absolue pour les actifs dits « sans risque » au détriment d’un rendement négatif, même hors inflation, est une énigme pour les stratégistes et un casse-tête pour les allocataires d’actifs : en d’autres termes, les investisseurs préfèrent perdre un peu que beaucoup en cas de choc boursier ! C’est bien un signal déconcertant que devront effacer les banques centrales.

Revenons aux fondamentaux macroéconomiques, relégués un peu au second plan avant l’évènement de mercredi prochain. Aux Etats-Unis, le taux de chômage est resté bas en mai à 3,6%. Cependant, les créations d’emplois non agricoles ont largement déçu à 75 000 contre 175 000 attendus. Le mois précédent, ce chiffre a été révisé en baisse à 224 000 contre 263 000 publié précédemment. L’inflation sur un an glissant est ressortie également ce même mois à 1,8% sur un an glissant et à 2% hors alimentation et énergie. C’est la donnée la plus faible depuis mars 2018 et qui se trouve au niveau de l’objectif à moyen terme de hausse des prix du mandat de la FED. Est-ce suffisant pour initier une baisse des taux très prochainement ?