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« C’est important de ne pas surréagir à court-terme » Jerome Powell, président de la FED

Cette phrase, prononcée ce mardi 25 juin lors de son élocution au conseil des affaires étrangères, a pour but de recadrer les marchés sur leurs anticipations de baisse des taux. Ainsi, avant cet évènement, les probabilités d’une baisse des taux directeurs de 50 points de base fin juillet étaient estimées à plus de 80%. Désormais, celles-ci s’élèvent à 20%. Dans la foulée, James Bullard, président de la Fed de Saint-Louis, annonçaient sur une chaine de télévision que la situation actuelle ne justifiait pas une baisse de cette ampleur. Ces interventions ne sont pas innocentes. En effet, après avoir réussi sa communication lors de la conférence de presse du 19 juin, l’institution monétaire poursuit son travail de rhétorique efficace pour signaler le plus justement possible ses prochaines décisions. Elle corrige donc les anticipations excessives des opérateurs dans le but d’orienter les taux au niveau où elle le désire. La réaction a été une nouvelle fois immédiate avec une hausse des rendements à 10 ans aux Etats-Unis qui s’installaient dangereusement sous la barre des 2%. Le dernier message est politique : la FED garde son indépendance et reste insensible à toutes pressions extérieures. Cela s’adresse à la Maison Blanche dont le président continue publiquement de critiquer la politique monétaire de la banque centrale. Au-delà de ce bras de fer médiatique, nous retenons que la baisse des taux directeur devraient être de 25 points de base après la prochaine réunion du FOMC du 31 juillet.

La deuxième préoccupation des investisseurs est la prochaine réunion du G20 à Osaka. On attend l’imminente rencontre entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping. A la clé se joue une issue potentielle à la guerre commerciale initiée il y a plus d’un an. Il suffirait d’un communiqué positif pour relancer les valeurs cycliques et bancaires. En cas de statu quo, la tendance redeviendrait négative pour l’ensemble de la cote et les actifs risqués. Espérons donc une conclusion positive de cet entretien.

En attendant, soulignons quelques chiffres économiques en juin plus positifs en Europe. Ainsi, en France, le PMI manufacturier et celui des services ont progressé respectivement à 52 et 53,1. On s’éloigne donc du seuil des 50 (celui de la récession) qui avait été franchi en mars. La tendance dans les services est similaire en Allemagne et dans l’ensemble de la zone euro avec des données à 55,6 et 53,4. Rappelons que la bonne orientation du secteur tertiaire est indispensable pour ne pas basculer dans la récession quand l’industrie mondiale subit les revers de la guerre commerciale. Le seul bémol est toujours outre-Rhin où, malgré une amélioration à 45,4, le PMI manufacturier demeure en contraction. Pour une fois depuis longtemps, le vieux continent se distingue de l’Amérique où ces mêmes indicateurs ont une nouvelle fois déçus. Ainsi aux Etats-Unis, le PMI manufacturier et celui des services ressortent tous les deux en baisse à 50,1 et 50,7. Cela attise davantage le feu entre le bureau ovale et la FED.