BioNtech et Pfizer crient victoire ! Malgré une chute du niveau d’anticorps neutralisants de 25 fois observée contre le variant Omicron, l’effet booster de la troisième dose permettrait de retrouver une protection suffisante contre cette nouvelle souche du SARS-CoV-2. La menace d’un confinement dur et généralisé, liée à l’absence d’un rempart réellement efficace, comme en mars 2020, s’estompe donc. C’est un soulagement pour l’humanité et les marchés financiers. De ce fait, les prévisions économiques ne devraient pas être révisées sensiblement à la baisse à cause d’Omicron. Faut-il pour autant se réjouir de cette annonce ? Pour nous, la réponse est clairement non, car l’effet bénéfique promis avec une troisième injection devait nous immuniser pour une durée plus longue. Combien de temps serons-nous donc protégés contre des variants par un vaccin conçu avec une ancienne souche ? Ne vaudrait-il pas mieux reporter la campagne de vaccination pour les jeunes (à un seuil des moins de 30 ans par exemple), pour la reprendre en mars avec une formulation plus récente, donc plus adaptée et ce, pour une durée en théorie supérieure ? Certes, les formes graves de la pathologie devraient être évitées grâce à l’immunité cellulaire. En attendant, on ressent bien l’enthousiasme du laboratoire américain, dont le cours de bourse est en progression de 42% cette année, à nous vendre prochainement, et plus tôt que prévu, une quatrième dose contre le nouveau variant. Pour autant, faisons attention, car nous ne pourrons pas éternellement effectuer des rappels rapprochés, sans provoquer des effets secondaires de plus en plus prononcés, avec une réponse immunitaire décuplée à chaque fois. D’autant plus que les données disponibles sont encore prématurées. Ainsi, une étude de l’Africa Health Research Institute mesurait une réduction de 41 fois du niveau d’anticorps face à Omicron.

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