Quand la technologie américaine va, tout va. Ce slogan réducteur pourrait résumer la bonne santé des marchés américains et mondiaux. L’indice Nasdaq 100 fait ainsi un joli pied de nez à la géopolitique avec sa progression de 14,71 % en dollars depuis le début du conflit. Soit le 27 février dernier. Depuis le point bas récent du 30 mars, avant l’annonce d’un cessez-le-feu par Donald Trump, cet indicateur a même repris 24,64 %. Ceci a permis à l’indice S&P 500 d’enchaîner les records historiques et de clôturer à 7 365,12 points le 6 mai. Sa capitalisation boursière de 65 654 milliards de dollars, ainsi que celle de 73 618 milliards de l’indice Wilshire 5000, censé regrouper toutes les sociétés américaines cotées, donnent le tournis. Les investisseurs connaissent l’ivresse de la haute montagne avec un marché actions à plus de 214 % du PIB annuel aux USA. Comment expliquer un tel engouement ? Est-il justifié ?
La palme d’or aux semi-conducteurs
Il existe une forte dichotomie dans une économie en K. Dans cette configuration particulière, les performances boursières sont fortement contrastées entre les différents secteurs, surtout lors d’un choc énergétique. Cette tendance très sélective existe également entre les valeurs technologiques. Ainsi, la progression en 2026 de l’indice SOX Philadelphia Stock Exchange Semiconductor ressort à 62,3 %, tandis que celle des 7 magnifiques reste plus modeste à 6,5 %. Pourquoi un tel enthousiasme envers les fabricants de microprocesseurs ?
Memflation et semi-conducteurs
La réponse se trouve du côté du boom de l’intelligence artificielle et d’une demande explosive en puces. Ce déséquilibre provoque une flambée des prix des mémoires. On parle désormais de memflation (inflation du prix des mémoires). Ainsi, en 2026, selon le cabinet Gartner, celle-ci serait de 125 % pour les mémoires DRAM et de 234 % pour les NAND flash. Le marché mondial des semi-conducteurs progresserait de 64 % cette année pour atteindre le montant astronomique de 1 320 milliards de dollars.
44 % : la pondération des secteurs technologiques dans l’indice S&P 500
L’indice phare des actions américaines devient de plus en plus technologique. Le poids du secteur des semi-conducteurs à lui tout seul pèse désormais 17,50 %. Si l’on rajoute celui des équipements, des logiciels et de l’internet, le poids des valeurs technologiques représente désormais plus de 44,20 %. Ce risque de concentration, bien réel, défie les lois de la diversification des portefeuilles.
Samsung Electronics rejoint le club des mille milliards de dollars de capitalisation
Le boom des semis est universel. Après le taïwanais TSMC, principal fournisseur de Nvidia, c’est au tour du Coréen Samsung Electronics de connaître l’euphorie boursière. La valeur est en progression de 125 % cette année. Elle a franchi cette semaine la barre symbolique des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière.
Ce succès, avec celui de SK Hynix, explique en partie la progression de plus de 77 % de l’indice coréen KOSPI. La problématique de concentration est encore plus prononcée qu’ailleurs puisque ces deux valeurs pèsent désormais 46 % dans cet indice boursier. Ce succès n’est pas démérité. Mais il est lié à un excès de flux. Si ces titres de qualité peuvent figurer dans les allocations, n’oublions pas la règle de diversification des risques dans un portefeuille. Car plus dure sera la chute.
Les chiffres de la semaine
- 65 654 milliards de dollars. La capitalisation boursière de l’indice Nasdaq 100 au 6 mai.
- 62,3 %. La progression de l’indice Philadelphia Stock Exchange Semiconductor en 2026.
- 1 010 milliards de dollars. La capitalisation boursière de Samsung Electronics au 6 mai.
- 44,20 %. La pondération des valeurs technologiques dans l’indice S&P 500 au 6 mai.