C’était un jour noir, plus triste que la nuit. Les images de la France, celles du 17 octobre 2026, nous ont tous choqués. Les dégâts sont importants, mais l’effet psychologique des vidéos qui ont fait le tour du monde est encore plus dévastateur. Une fois encore, mettons nos émotions de côté afin d’analyser correctement la situation. Et prendre de bonnes décisions d’investissement dans nos portefeuilles.
La France est une Nation qui a survécu à des événements sanglants depuis 1789
C’est un fait incontestable et bien présent dans la mémoire collective. Des paroles de l’hymne national aux révolutionnaires sanguinaires, en passant par les grognards de la Grande Armée de Napoléon, les manifestants sur les barricades de Mai 68 et les voyous de samedi dernier, l’Histoire de France se confond souvent avec des épisodes violents, depuis plus de deux siècles. Nul doute que les ressortissants des pays étrangers sont convaincus que rien n’arrête des Français bien organisés et en colère.
À chaque fait tragique, ses conséquences
Les assignats de 1789
En 1789, l’Assemblée constituante commençait à émettre des assignats. Ces titres permettaient en théorie à leurs détenteurs d’acheter les biens confisqués par l’État révolutionnaire. Malheureusement, entre 45 et 50 milliards de livres de nominal furent émis jusqu’en 1796. Soit plus de huit fois la production nationale de l’époque. Avec pour conséquence l’effondrement progressif du cours de cette dette, utilisée à tort comme papier-monnaie.
Mai 68 - chute de la production industrielle en France
En mai 1968, les affrontements avaient été très localisés, principalement dans le Quartier latin. En conséquence les infrastructures nationales avaient été quasiment épargnées. Le véritable impact avait alors été provoqué par les nombreuses grèves qui, pendant plusieurs semaines, avaient fait chuter la production industrielle. Le coût économique est en réalité estimé entre 2 % et 3 % du PIB annuel de l’époque. Avec la conclusion des accords de Grenelle dans la nuit du 26 au 27 mai. Le SMIG, l’équivalent du SMIC actuel, avait été relevé de 35 %, tandis que l’augmentation générale des salaires s’établissait autour de 10 %. L’inflation est passée de 3,61 % en 1967 à 5,22 % en 1968, puis à 5,79 % en 1969. C’est en août 1969 que le franc français a été dévalué de 12,5 %.
Un véritable « Ah ! ça ira, ça ira ! » contre les bâtiments publics et les commerces
Au cours de ce samedi 17 octobre, de nombreux bâtiments historiques ont été détruits, mais aussi des commerces. Le nombre estimé de surfaces commerciales touchées par les pillages, incendies et dégradations s’élève à environ 1 500, selon Alexandre Bompard.
Le Président de la Fédération du commerce et de la distribution et PDG du groupe Carrefour a annoncé également que 50 magasins du géant français de la grande distribution avaient été touchés. La Fondation IFRAP, quant à elle, estime le coût total à environ 1,1 milliard d’euros. Dont près de 910 M€ de dégâts matériels et 190 M€ de pertes d’exploitation. Car au-delà des saccages, ce sont les baisses de chiffre d’affaires qui risquent d’affecter le plus l’économie française au cours de ce quatrième trimestre, le plus important de l’année pour le commerce.
Plusieurs valeurs de consommation Françaises décrochent en Bourse
Ce fut une mauvaise semaine en Bourse pour les valeurs liées à la consommation. Carrefour, malgré un troisième trimestre résilient, a lancé un avertissement sur ses résultats annuels. Ceci en raison des incertitudes pesant sur ce quatrième trimestre, provoquant une chute du titre de 16 % au cours des cinq dernières séances. Malgré le relèvement à la hausse de son objectif annuel de résultat, Accor a vu le cours de son action baisser de plus de 5 %. Hermès International a déçu les investisseurs et a subi d'importants dégagements. N'oublions pas que des centres-villes en feu signifient moins de visiteurs potentiellement inquiets. Pour le numéro un mondial du tourisme, cela peut se traduire par un manque à gagner bien plus important que les seuls dégâts matériels.
Des derniers sondages qui sèment le doute chez les investisseurs
À qui profitent ces scènes de chaos ? Selon les dernières enquêtes d'opinion, le scénario politique le plus redouté par les investisseurs lors de la prochaine élection présidentielle en France devient de plus en plus probable. Cette perspective d'un choc des extrêmes, ajoutée à la situation actuelle, fait plonger la confiance dans notre capacité à relever les prochains défis.
Sans adoption d'un budget ni cohésion nationale, il est effectivement difficile d'envisager un rebond durable des actions françaises. Ou une amélioration des cours de la dette de la République française d'ici au 18 avril prochain. En effet, il faut avant tout regagner en crédibilité dans la gestion des comptes publics. Il faudra également restaurer la stabilité politique afin de renouer avec la confiance des investisseurs.
Dans nos allocations, c’est toujours un crève-cœur de devoir sous-pondérer notre exposition aux actifs financiers hexagonaux.
Les chiffres de la semaine
- Plus de 1 500. Le nombre estimé de commerces touchés par des pillages, des incendies et des dégradations, selon le président de la Fédération du commerce et de la distribution.
- 1,1 milliard d’euros. Le coût total, selon l’IFRAP, des émeutes du 17 octobre dont 910M€ de dégâts matériels et 190 M€ de pertes d’exploitation.
- 420 millimètres par mètre carré. Le nouveau record hexagonal de précipitations tombées en trois heures ce 20 octobre en Haute-Corse.