Un cycle encore sous-estimé

Quelle est la seule entreprise au monde capable dès aujourd’hui de prédire une croissance de ses revenus de 70 % l’année prochaine ? Soit au bas mot 280 milliards de dollars en plus ? La réponse est Nvidia, bien sûr.

La publication du leader de l’intelligence artificielle constituait un des moments forts de cette semaine du 24 août 2026. Semaine qualifiée, à tort ou à raison, comme celle de tous les dangers. Outre les aléas géopolitiques, les données de l’inflation américaines (indice PCE) ressortie en ligne et le fameux discours du président de la Fed à Jackson Hole, les résultats de Nvidia étaient attendus avec une grande anxiété.

Les attentes ont-elles été dépassées ? Les perspectives sont-elles à la hauteur des anticipations déjà très élevées ? Les inquiétudes sur le financement de cet écosystème qualifié d’incestueux ont-elles été dissipées ? Au-delà des données, le management se devait de convaincre les investisseurs sur tous ces points.

Le moins que l’on puisse dire est que tous ont été sonnés dès que la conférence téléphonique a débuté. Nvidia sera très probablement d’ici l’année prochaine la société aux profits les plus élevés dans le monde. S’agit-il d’un simple rêve pieux ou d’une réalité ?

Comme toujours aujourd’hui avec l’intelligence artificielle, les chiffres donnent le tournis : une progression de presque 50 milliards de dollars des revenus sur un an au 2ème trimestre à 96,2 milliards de dollars et un bond de 128 % du résultat par action à 2,46 $. La vague de l’IA emporte toutes les prévisions les plus optimistes sur son passage. Le plus remarquable dans tout cela est que les dépenses opérationnelles représentent à peine 8,4 milliards de dollars sur cette période. Avec une marge brute de 75 %, le résultat opérationnel, le free cash-flow et le retour aux actionnaires ont dépassé respectivement les 28, 21 et 26 milliards de dollars.

C’est un fait indiscutable que nous avons déjà mentionné lors des publications précédentes : Nvidia est un cas d’investissement unique. Et ce, en tant que vache à lait en hyper croissance, qui défie tous les manuels du parfait financier. Ainsi, son développement fulgurant s’autofinance et le management s’est engagé à redistribuer plus de 50 % des cash-flowsopérationnels aux actionnaires. De plus, la société n’est pas endettée. Elle dispose actuellement d’un excèdent de trésorerie de plus de 60 milliards de dollars.

D’entrée de jeu, la directrice financière Colette Kress donne le ton. Les prévisions pour le 3ème trimestre se situent autour de 108 milliards de dollars pour le chiffre d’affaires et de 74 % pour la marge brute. Puis les choses se sont animées davantage. Avec cette prévision incroyable d’une croissance de 70 % des revenus sur le prochain exercice comptable. Les analystes financiers n’en croyaient  pas leurs oreilles. La séance des questions/réponses a d'ailleurs ouvert sur ces anticipations les plus optimistes.

Quoi de mieux pour rassurer son audience que de déclarer ne pas pouvoir satisfaire la demande, malgré tous les efforts déployés ? Un autre chiffre choc a été l’annonce de Colette Kress d’un nouveau partenariat avec AWS portant sur la fourniture de 2 millions de puces GPU d’ici à mi-2028, ainsi que d’un carnet de commandes de 2 000 milliards de dollars au sein des acteurs du cloud. Cela se traduit par des besoins énormes en matière de capacités chez tous ces protagonistes. Puis Jensen Huang, président fondateur de la société, a été une fois encore très persuasif.

Il faut répondre à toute cette puissance de calcul qui va être construite, et la visibilité est aujourd’hui plus forte qu’elle ne l’a jamais été. Nvidia n’a jamais donné de prévisions à plus d’un an. La progression de la demande réelle est bien supérieure à l’objectif de 70 % qui sera fourni. Nvidia continuera à faire tout son possible pour accélérer l’offre sur le marché.

Dans une note récente, la banque Goldman Sachs a relevé ses prévisions totales de puissance pour les data centers de 83 gigawatts à 108 gigawatts à l’horizon 2030. En offrant des solutions complètes, plus performantes, et pas uniquement des puces, Nvidia a pu augmenter ses revenus par gigawatt de capacité chez ses clients, passant de 18 milliards de dollars à plus de 40 milliards de dollars aujourd’hui. L’augmentation nécessaire de la puissance de calcul est si importante, avec l’arrivée des modèles de langage fermés puis ouverts, que les défis sont colossaux. Pour y répondre, les produits devront continuer à gagner en performances, tant sur le plan de la puissance que sur le plan économique. Après avoir initialement progressé, le coût par token devrait continuer à baisser. Oui, en effet, Nvidia continue à investir dans plusieurs maillons de la chaîne de valeur de l’IA.

Selon Jensen Huang, la rentabilité de ces investissements est déjà élevée et va continuer à croître. Pour notre part, ces investissements étant financés exclusivement par des flux de trésorerie disponibles, nous partageons la vision de la société, qui souhaite étendre davantage sa domination en tant qu’acteur incontournable de cette révolution technologique. Oui, le cycle actuel de l’IA avec des besoins d’investissement gigantesques est loin d’être terminé.

- 128 %. La hausse sur un an du bénéfice par action de Nvidia au 2ème trimestre.

- 70 %. La croissance des revenus de Nvidia prévue pour le prochain exercice.

- 2 000 milliards de dollars. Le carnet de commandes des acteurs du cloud, selon Jensen Huang, CEO de Nvidia.

- 150 km/h. La vitesse de la vague déferlante au Népal.